Météo France place 53 départements en vigilance orange canicule à partir de ce vendredi. Les 35 degrés seront souvent atteints sur une large partie de l’Hexagone. La vague de chaleur s’installe au moins jusqu’à la semaine prochaine, les températures devraient frôler les 40 degrés à partir de dimanche sur plusieurs régions.
Publié le 18/06/2026 17:43
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Vague de chaleur, Lille, 18 juin 2026 (BAZIZ CHIBANE / MAXPPP)
Le mercure va continuer de grimper dans les prochains jours, Météo France prévoit un pic de canicule pour dimanche ou lundi, avec des valeurs qui pourraient frôler les 40 degrés sur plusieurs régions. C’est dans ce contexte que le ministère de la Transition écologique a présenté le 17 juin un premier bilan du Plan national d’adaptation au changement climatique, qui doit préparer la France à un réchauffement pouvant atteindre 4 degrés d’ici à 2100. De son côté, le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a annoncé un plan “endurance” censé accélérer l’adaptation des logements aux canicules. Selon Christian Clot, chercheur et directeur du Human Adaptation, les fortes chaleurs ont un coût “que nous ne saurons pas absorber si nous continuons dans la ligne actuelle”.
franceinfo : Pourquoi n’anticipe-t-on pas ces situations de chaleurs extrêmes ?
Christian Clot : Quand il y a une vague de chaleur, jusqu’à maintenant on réagit, et c’est évidemment nécessaire. Mais on oublie qu’il faut surtout se préparer à quelque chose qui va devenir un phénomène récurrent.
“Malheureusement, les fortes températures deviennent la normalité.”
Christian Clot, chercheur et directeur du Human Adaptation Institute
à franceinfo
On doit vraiment avoir conscience qu’on a vécu ces dix dernières années autant de canicules que durant tout le 20ème siècle. On pense encore que ce sont des épiphénomènes, qu’il suffit de tenir le choc pendant quelques jours. Mais malheureusement, les fortes températures deviennent la normalité. Donc la question, c’est comment on se prépare face à ce phénomène.
Vous voulez donc dire qu’on a tendance à minimiser ces épisodes de fortes chaleurs ?
La forte chaleur impacte directement le cerveau, elle réduit notre capacité cognitive et on oublie ces épisodes. Quand il fait de nouveau moins chaud, que tout va de nouveau mieux, on se dit que finalement ce n’était pas très grave. On n’arrive pas encore à comprendre que les fortes chaleurs ont des impacts à long terme. Sur la mortalité bien sûr, et c’est terrible. Mais aussi sur les maladies chroniques, sur les accidents, sur le coût du travail, sur la continuité des services. Et ça coûte extrêmement cher. Ce sont des coûts que nous ne saurons pas absorber si nous continuons dans la ligne actuelle, sans agir concrètement.
Un logement sur trois est une bouilloire thermique. Est-ce qu’on tarde à réagir ?
Oui. Aujourd’hui, on continue à construire des bâtiments tout en verre, dans lesquels on ne peut pas vivre.
“On croit encore qu’on peut continuer comme si de rien n’était.”
Christian Clot, chercheur et directeur du Human Adaptation Institute
à franceinfo
Il ne s’agit pas de se faire peur, il s’agit de notre capacité à nous adapter dès aujourd’hui à ces conditions. L’État ne prend pas sa part de responsabilité. Un exemple : Les gens qui habitent près de bâtiments classés n’ont pas le droit de modifier leurs logements pour les adapter aux nouvelles conditions climatiques. Je comprends qu’on veuille préserver le patrimoine. Mais on ne peut pas interdire aux gens de se protéger d’un phénomène qui va devenir récurrent. On doit pouvoir transformer les bâtiments d’habitation, mettre des pergolas, installer des contrevents, éventuellement des ventilateurs, repeindre certaines toitures sombres qui stockent la chaleur.
Est-ce que la climatisation peut être une solution ?
C’est une solution pour certains bâtiments qu’on ne peut pas ventiler. Dans d’autres cas, il suffit d’installer un ventilateur de plafond. C’est du cas par cas. On peut brider la climatisation à 25 degrés, pour l’empêcher de descendre à 19.


