Radio France : bataille politique au Sénat sur les fréquences FM

Depuis l’approbation par l’Arcom le 8 juillet 2026 de la réorganisation des fréquences FM de Radio France, le secteur radiophonique français est en ébullition. En septembre, l’Alliance de la Radio a saisi le Conseil d’État, alors que le gouvernement doit décider au Sénat le 13 octobre de la modernisation de ce secteur. La radio est désormais un enjeu politique majeur, mêlant gouvernance publique, transparence administrative et service public.

La proposition de loi Lafon : une réponse politique

Le sénateur Laurent Lafon (Union centriste) présente une proposition de loi sur la modernisation de la radio, prévue à l’ordre du jour du Sénat le 13 octobre. Bien qu’elle ait été déposée avant la controverse actuelle, elle prend aujourd’hui une dimension politique importante. Le texte vise à encadrer la transition numérique, notamment le passage de la FM au DAB+, tout en maintenant un équilibre entre acteurs publics et privés. Selon La Lettre Pro de la Radio, le gouvernement doit arbitrer entre les intérêts de Radio France, financé par la redevance, et ceux des radios privées, dépendantes de la publicité et de leur couverture territoriale.

L’Arcom au cœur de la controverse

Le 8 juillet 2026, l’Arcom autorise Radio France à réorganiser 300 fréquences FM entre ses antennes, augmentant la couverture de France Info de 80% à 93% et transférant environ 260 fréquences FM de France Musique vers le DAB+. L’Alliance de la Radio, qui regroupe RTL, NRJ, Europe 1, Skyrock, RMC et 200 radios indépendantes, dénonce une rupture d’équilibre. Comme le rapporte Stratégies, malgré les avertissements de l’Alliance, Radio France a été autorisée à procéder à cette permutation de fréquences sans qu’aucune étude d’impact n’ait été rendue publique.

Le recours devant le Conseil d’État

En septembre, l’Alliance de la Radio a saisi le Conseil d’État pour annuler la décision de l’Arcom, invoquant des vices de procédure et des erreurs d’appréciation. D’après Le Figaro, le Conseil pourrait statuer dans six à douze mois. Pendant ce temps, la réorganisation est effective depuis juillet, et les radios privées craignent que même si la décision est annulée, revenir à l’ancien dispositif serait complexe et coûteux.

La radio automobile : enjeu de sécurité publique

Les radios publiques, privées et associatives demandent au gouvernement de rendre obligatoire l’installation de récepteurs FM et DAB+ dans les voitures neuves. Cela fait suite à la tendance de certains constructeurs à vendre des véhicules sans récepteur radio. Selon TF1 Info, 33% de l’écoute radio se fait en voiture, et pour Romain Laleix de l’Arcom, priver les citoyens de radio dans des situations de crise pourrait être dangereux.

En conclusion, la situation autour de Radio France dépasse le cadre technique et révèle des tensions politiques entre service public et concurrence, rationalisation budgétaire et pluralisme médiatique. Le débat du 13 octobre au Sénat sera crucial pour voir si le gouvernement parvient à équilibrer ces intérêts ou laisse le Conseil d’État décider.