Mercredi 7 janvier, Brigitte Bardot a été inhumée à Saint-Tropez dans un cercueil en osier unique en France, fabriqué par la vannerie Candas située au Boisle dans la Somme. Depuis la diffusion des images des obsèques, l’entreprise est assaillie de demandes.
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Comme un dernier clin d’œil à la nature qu’elle défendait et affectionnait, Brigitte Bardot a choisi un cercueil en osier en guise de résidence ultime. Ce modèle unique en France a marqué les esprits tant par sa simplicité et son originalité.
C’est en Picardie, dans le village du Boisle près d’Abbeville que ce modèle a été tressé à la main par les artisans de la vannerie Candas. Décédée le 28 décembre dernier à l’âge de 91 ans, l’icône française repose désormais dans sa sépulture d’osier depuis le 7 janvier au cimetière marin de Saint-Tropez dans le Var.
Depuis hier, la vannerie Candas du Boisle a été mise sur le devant de la scène. “Les images du cercueil de Brigitte Bardot ont été diffusées à 11h à la télé, et à 11h10 nous recevions les premiers appels”, raconte Xavier Quointeau, le directeur de l’entreprise artisanal.
“Ça n’a pas arrêté de la journée : que ce soient les appels, les mails ou sur les réseaux. À minuit nous étions encore en train de répondre à toutes les questions et demandes des particuliers et des agences de pompes funèbres”, ajoute-t-il.
Depuis l’automne, l’entreprise artisanale commercialise ses cercueils via Funico, un groupe funéraire bien implanté sur le territoire français. C’est lui qui a été contacté par la famille de Brigitte Bardot. “Quelques jours avant les obsèques, nous avons eu l’information du choix du cercueil, mais par respect nous avons choisi de ne rien divulguer avant la cérémonie”, confie Audrey Quointeau, co-gérante de la Vannerie du Boisle.

Le cercueil en osier de Brigitte Bardot n’est pas passé inaperçu lors des obsèques de la star mercredi 7 janvier 2026.
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© VALERY HACHE / AFP
C’est la seconde inhumation avec ce modèle de cercueil picard qui a lieu à Saint-Tropez. “Il y a quelques mois, nous avons été contactés par la famille de Patrice de Colmont, figure locale à Ramatuelle et patron du mythique Club 55. À l’époque, il avait reçu toute l’équipe du film de ‘Et Dieu créa la femme’. Il était donc proche de Brigitte Bardot. La famille de l’actrice a peut-être vu le cercueil à ses funérailles”, analyse le directeur de la vannerie.
Petit à petit, l’entreprise artisanale du Boisle fait sa place dans le secteur funéraire. Et ce coup d’éclairage médiatique renforce la visibilité de la vannerie. “L’idée n’est pas de surfer sur cette vague mais de mettre en avant ce savoir-faire ancestral et développer cette activité parallèle pour pérenniser notre entreprise”, insiste le directeur.
“Le secteur du funéraire c’est tout nouveau pour nous et assez novateur”, expliquait Xavier Quoiteau lors du lancement du prototype baptisé “le Bohémian” début 2025. Le modèle est déposé et protégé. Ces conceptions ont été confectionnées suite à des demandes répétées de la clientèle.

Le cercueil en osier de la Vannerie Candas est exposé à Abbeville, dans une agence funéraire, où il suscite le plus grand intérêt.
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© Minna Holleville
“Nous travaillons à partir d’une caisse en bois que l’on habille de notre tressage en osier. Cela prend une quinzaine d’heures et entre 20 et 25kg de matière.” Cette production unique en France s’inscrit dans une démarche environnementale. “Nous utilisons de l’osier 100% français récolté en partie par nos soins sur nos parcelles mais également dans les Ardennes chez un osiériculteur avec lequel nous collaborons depuis plusieurs années”, précise le directeur.

Le prototype du Bohemian a nécessité 25 kg d’osier. Un matériau récolté dans une parcelle de la Côte d’Opale.
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© Xavier Quointeau
Une activité qui vient compléter le cœur de métier initial de la vannerie Candas : la fabrication de panières en osier pour les boulangeries et pâtisseries. La société artisanale picarde s’y atèle depuis sa création en 1973 : époque mythique des vanniers et osiériculteurs. Au fil du temps, l’osier est passé de mode et la pratique s’est perdue. Mais la période de confinement liée au Covid-19 a remis au goût du jour le savoir-faire artisanal, et notamment les objets de décoration d’intérieur issus de la vannerie. Témoin de cet intérêt grandissant, l’établissement et ses 8 salariés ont sauté sur l’occasion pour confectionner et commercialiser de nouveaux produits : paniers, coffres ou fauteuils et, tout récemment des cercueils.
Par ailleurs, afin de relancer la formation et le recrutement, l’entreprise a ouvert en septembre 2025 en son sein, la Vannerie Academy : le premier CAP de la filière dans la région Hauts-de-France. Quatre étudiants et adultes en reconversion y ont intégré l’activité en alternance. À l’issue de la formation, l’entreprise Candas envisage d’embaucher ces apprentis vanniers. “Aujourd’hui, nous formons nos apprentis sur la confection des cercueils. Ils sont très motivés !”, se réjouit Xavier Quointeau.
En novembre dernier, le cercueil en osier avait été exposé au salon international de l’art funéraire à Paris pour accroître sa visibilité. Ces derniers mois, une centaine de modèles avaient été vendus, exclusivement sur commande.
Mais en s’éteignant, la star du cinéma française a brillé une dernière fois et braqué les projecteurs sur son cercueil. “Pour le moment, nous n’avons pas d’idée sur l’impact que cela va entraîner sur les volumes à fabriquer. Mais nous sommes motivés à répondre à toutes nouvelles commandes !”, s’enthousiasme Xavier Quointeau.


